Le Collège en France ...Un peu d'histoire...

Palier autonome du système scolaire français ?

Collège d'Enseignement Secondaire (C.E.S) ou Collège d'Enseignement Général (C.E.G) et avant eux Cours Complémentaires (C.C) la plupart du temps dans les Chefs Lieux de Canton ou Collège Moderne (dans les Sous-Préfectures)... Prolongeant l'Ecole élémentaire, ils étaient destinés aux bons élèves choisis au terme de la classe de CM2. Jusqu'au début des années 60 un "concours d'entrée en 6ème" était même organisé ici ou là dans les arrondissements voire dans un lieu pour quelques cantons voisins. Concours ! le nombre de place étant limité aux nombre de classes de 6ème ouvertes.
!!

Bons et bonnes élèves de CM2 qui ne pouvaient ou ne voulaient pas accéder au Lycée d'enseignement général alors élitiste et un tantinet bourgeois (je n'engage que moi mais je persiste et signe tout en regrettant de ne pas avoir pu y accéder pour cause d'éloignement).

Confiés en partie aux institutrices et instituteurs les plus expérimentés et les plus diplômés, les CES et les CEG débouchaient sur un Brevet (le B.E.P.C) : Brevet d'Etude du Premier Cycle) . Au Collège Moderne (qui fusionna avec le Lycée en septembre 1958) entre les deux guerres en deux ans après la classe de 3ème on préparait le Brevet d'Etudes (B.E) qui la troisième année le Brevet Supérieur (B.S) qui comme le Baccalauréat autorisait à enseigner en Ecole élémentaire. Après la deuxième guerre mondiale les deuxième cycle des Collège Moderne se calquèrent sur celui des Lycées d'Enseignement Général (2de-1ère Premier Bac - Terminale (Philo ou Math ou Sciences Expérimentales) 2ème Bac).

Le B.E.P.C permettait de prétendre aux emplois de qualification moyenne. Une petite minorité de collégiennes et collégiens poursuivaient au Lycée passant un Bac Moderne Prime ( Moderne et l'épreuve de la deuxième langue remplacée par une épreuve de Sciences Expérimentales) jusqu'à l'ouverture de l'apprentissage d'une deuxième langue vivante en 4ème au milieu des années 60.

Le collège a de fait offert une mobilité sociale aux élèves d'origine modeste qui ne pouvaient prétendre au lycée élitiste et coûteux et souvent trop éloigné, tout en préparant quelques élèves à y rentrer en classe de seconde du Lycée.

Mais, dès les années 1970, ce modèle se brise quand tous les élèves sont entrés au Collège ou au Lycée. Et, en 1975, la création du collège unique découle mécaniquement de l'allongement de la durée des études mais il était question de définir se nature.
Soit on le définissait comme le prolongement de l'école élémentaire et on le confiait aux institutrices et instituteurs spécialisés dans quelques disciplines. Soit on le construisait comme le premier palier du lycée en alignant sa pédagogie et ses programmes sur ceux du lycée en le confiant au corps des professeurs de lycée.

Pour des raisons d'opportunités politiques (renforcer le corps des professeurs de lycée aux dépends des inscrits) et pour des raisons de principe (offrir l'excellence scolaire à tous) c'est la seconde solution qui a été choisie.

Dès ce moment là, le collège a été construit comme la rencontre du "lycée bourgeois", destiné à des élèves sélectionnés et du collège antérieur ouvert à tous, donc à des élèves dont un grand nombre était bien loin des exigences du lycée jusque-là sélectif.
Depuis 40 ans le collège est quelque peu dominé, écartelé par cette contradiction initiale.

Longtemps les pédagogies et les programmes ont été ceux du lycée général et les professeurs ont été confrontés à des élèves fort éloignés de l'idéal de l'excellence pour tous. Ainsi, bien des manières de trier les collégiens ont été mises en œuvre : classes de niveau, classes "techno", réorientation en fin de 5ème...

En définitive, le collège unique était loin d'être homogène et la promesse d'une scolarité commune à toute une classe d'âge jusqu'à 16 ans n'a pas été tenue.

Au fil des années, les modalités d'orientation, implicites ou pas, ont été réduites. Mais ceci n'a pas éteint les critiques du collège unique, ni le rêve récurrent d'un retour à l'examen d'entrée en 6ème.

Les tensions se sont déplacées dans la classe. La longue histoire des réformes et des innovations peut être lue comme autant de tentatives de réduire les contradictions attachées à la naissance du collège unique. La mise en place de soutiens efficaces à l'intérieur même de la classe, un mode d'affectation des élèves dans les établissements capables d'atteindre une relative mixité sociale, le développement de pratiques et de modes d'organisation équitables et efficaces sont donc des enjeux essentiels.

Le collège ! Maillon faible du système ? Toujours est-il qu'il reste celui dont la vocation et la fonction sont les plus ambivalentes, le plus conflictuelles.

La "grande réforme" ne devrait-elle pas tout d'abord consister à dire ce que le collège doit être ? !
Ce qu'il doit offrir à tous et pas seulement une manière de combiner l'école commune avec la sélection des meilleurs et l'orientation des autres! Ne faudrait-il pas tout simplement tirer le meilleur parti des aptitudes de chacun en respectant les rythmes, en diversifiant les parcours et en cessant de rythmer les acquisitions de manière traditionnelle : classes, années scolaires, trimestres, semaines, heures de cours.

A quand les parcours individualisés ?

Commentaires

1. Le 14/05/2017, 07h57 par Noël

Oui, chaque élève devrait, à tout moment du temps scolaire, à tout moment de son "développement", savoir où il en est dans un parcours clairement identifié quant aux savoirs-faire et savoirs-être.
Objectif qui nécessite que le système s'organise en conséquence..évolution pour ne pas dire révolution mais c'est un choix !

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