Ni de Gauche ! Ni de Droite !! Ni du Centre !!! (5)

Qu'aurions- nous aimé entendre lorsque vous étiez, Monsieur le Président, un ministre de gauche dans un gouvernement de gauche !

En fait, vos idées pour faire repartir l'économie française n'avaient rien d'original !Mille excuses...

Il me semble qu'elles s'inscrivaient dans un mouvement à l'œuvre depuis plus de trente ans qui consister à réduire la place de l'Etat et à faire la promotion du marché.

Vous vouliez flexibiliser davantage le marché du travail, réduire le nombre de fonctionnaires et affaiblir le modèle social pour accorder l'économie française à la mondialisation.

Il nous semblait vous entendre pérorer : aucune alternative n'est envisageable soit vous vous adaptez au monde tel qu'il est (tel qu'il va et na va pas (sic)) soit le monde se fera sans vous.
Mais, quand même, en occupant le maroquin de l'économie vous auriez pu et dû être l'artisan d'une autre voie.

Nous aurions rêvé vous entendre dire :

" Il est temps de fermer la parenthèse libérale et d'ouvrir une autre voie."

Il est indéniable que le capitalisme libéral insufflé par le tandem Reagan-Thatcher n'a pas tenu ses promesses.

Le chômage et les inégalités ont augmenté.
La croissance économique n'a pas été au rendez-vous.
Plusieurs formes de capitalisme ont existé au XXème siècle, différents modèles ont été appliqués dans le monde : rien n'est figé, il suffit de sortir du cadre conformiste d'un modèle unique qui nous serait imposé par une sorte de "main invisible ' !

Emmanuel Macron, alors Ministre, aurait pu être l'artisan d'une politique économique ayant comme finalité non de donner davantage de place aux forces du marché mais de répondre à des objectifs précis tels que la lutte contre le réchauffement climatique et d'imposer plus de valeurs sociales .

Il aurait pu proposer une autre direction à la France que celle imposée par le libéralisme quasi religieux de la Commission Européenne. Le ministre aurait ainsi pu redonner une place de premier ordre au modèle français. La France n'aurait-elle pas ainsi trouvé sa voie plutôt que de suivre celle des autres.

Oui, Monsieur le Président, les chômeurs doivent tout attendre du ministre de l'Economie !

Le chômage brise des vies et personne ne choisit cette situation.
Faire porter la responsabilité de ce statut à la personne qui en pâtit est un non-sens économique.

Mille excuses mais je m'autorise à affirmer que le plus courageux des chômeurs trouvera difficilement un emploi dans une conjoncture morose et, inversement, une personne moins motivée en obtiendra rapidement un dans une phase de croissance.
Ne vous en déplaise, mais c'est une façon de dire voire d'affirmer qu'un individu n'a aucune influence - voire que très faible - sur l'économie par nature instable et cyclique : il subit les aléas conjoncturels !

Par contre, il faut avoir le courage politique de reconnaître que le chômage est avant tout le résultat de mauvais choix de politique économique et non d'un comportement inadapté des chômeurs.

Monsieur l'ancien conseiller, Monsieur l'ancien ministre, que n'avez-vous su convaincre François Hollande de remettre en cause ces règles européennes qui maltraitent notre pays et l'Europe du Sud ? La France tout comme la zone euro pourraient,t ainsi disposer pleinement d'instruments de politique économique pour stimuler leur économie !!!
Monsieur le Président, peut-on s'accorde sur quelques principes :

1° La durée du travail ne signifie rien sans prise en compte de la productivité .
2° Notre modèle social fait partie de notre héritage, il faut le protéger.
3° Le rôle du ministre de l'économie devrait être d'identifier les secteurs d'avenir.

La durée du travail ne signifie rien sans prise en compte de la productivité .

Le temps de travail n'a fait que diminuer tout au long du siècle dernier, et nous n'avons jamais autant produit de richesse grâce à l'augmentation de la productivité.
La question n'est donc pas de travailler plus ou moins, mais plutôt de se demander comment augmenter la productivité de chacun.
La réduction du temps de travail , en améliorant la qualité de vie des travailleurs et en offrant un meilleur rendement aux machines s'avère être la voie la plus simple.
La deuxième, plus compliquée mais indispensable, consiste à identifier des secteurs d'avenir, à investir dans la recherche et à innover.
A l'inverse, vouloir augmenter la productivité par l'allongement de la durée du travail, c'est tout simplement accroître la pression sur les travailleurs avec des résultats contre-productifs : démotivation, absences répétées,....

Notre modèle social fait partie de notre héritage, il faut le protéger

Non, Monsieur le Président, la nombre de fonctionnaires et le modèle social français ne sont pas une entrave au dynamisme économique.
C'est ce modèle social qui a permis à des franges de plus en plus nombreuses de la population d'accéder à un niveau de vie jamais atteint jusque- là. Les transferts issus de la redistribution ont augmenté le revenu disponible des couches les plus modestes, offert un revenu aux chômeurs et aux retraités et assuré ainsi des débouchés aux entreprises.
Cet Etat social a fait le dynamisme de la période d'après-guerre et, a plus rapporté qu'il n'a coûté à la collectivité.
A l'inverse, le détricotage engagé depuis trente ans n'a permis ni de créer de l'emploi Nice de redresser l'économie.

Le rôle du ministre de l'économie devrait être d'identifier les secteurs d'avenir .

La réussite n'est jamais individuelle.
Une réussite personnelle dépend avant tout des politiques mises en place, des institutions, de la formation et du capital productif et social propre à un pays.
Comme le souligne le sociologue Norbert Elisas, Robinson Crusoé arrive à survivre seul sur son île car il porte en lui toute l'Angleterre, c'est à dire l'éducation qu'il a reçue dans son enfance et les techniques qu'il a apprises dans son métier.
La réussite de Steeve Jobs n'aurait pas été possible dans un pays pauvre dépourvu d'institutions fiables et due financements. Elle n'aurait probablement pas été possible dans un autre pays que les Etats-Unis car ce succès est avant out le produit d'investissements publics en amont de la chaîne d'innovation.
Sans les années de recherche du ministère de la défense américain, Internet, le GPS et l la reconnaissance vocale ne seraient pas nés et l'iPhone ne serait pas né non plus
L'Etat et en premier lieu le ministère de l'économie doivent identifier les secteurs d'avenir.
N'en est-il pas un des plus intéressant car il répond à un impératif : la transition énergétique !.

En investissant dans ce secteur, la France aurait la possibilité de devenir leader sur un secteur d'avenir.


De quoi, Monsieur le Président offrir à la france un nouvel horizon plus solidaire et écologique.

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