Ni de Gauche ! Ni de Droite !! Ni du Centre !!! (8)

Un étrange paradoxe !

Depuis le début du XXème siècle , des droits de plus en plus nombreux ont été étendus à des catégories de plus en plus larges de la population.

Le préambule de la Constitution de 1946 rappelle avec force l'importance de nos droits fondamentaux en matière de santé, de retraite ou d'emploi.Le vote au suffrage universel a été élargi aux femmes puis aux plus jeunes, et désormais, dans certaines conditions, aux européens. L'autorité parentale remplacé la "puissance paternelle". Enfin, plus récemment, le droit au mariage a été étendu aux couples de même sexe. Et je ne suis pas assuré que la liste des extensions des droits politiques, économiques et sociaux ainsi rappelée soit complète.

Pourtant, la dynamique inégalitaire en termes de revenus et de patrimoine a connu une progression significative depuis les années 1980.

Au plus près de maintenant, entre 2007 et 2010, les inégalités ont crû dans la plupart des pays membres de l'O.C.D.E. L'écart entre le décile le plus élevé (D1) et le moins favorisé (D9) a grimpé de 6,6 en 2005 à 7,2 en 2010.. Le coefficient de GINI qui mesure le niveau des inégalités de 0 (égalité absolue) à 1 (lorsqu'un individu possède tous les revenus), s'est détérioré en passant de 0,292 à 0,303.
De même, au milieu des années 1970, il fallait trente ans à un ouvrier pour rattraper le niveau de vie d'un cadre contre cent cinquante ans aujourd'hui.
Ces déséquilibre connaissent encore plus d'ampleur quand il s'agit de considérer les inégalités de patrimoine : 40% de la population ne possèdent presque rien et 10% détiennent plus de 48% du patrimoine. Dans son ouvrage - Le Capital au XXIème siècle Seuil 2013 - Thomas Piketty explique que, lorsque le taux de rendement du capital est supérieur au taux de croissance, la concentration de la richesse s'accentue, en traînant la création d'une société de rentiers ._
On assiste également à une progression des inégalités de rémunération entre hommes et femmes comme le confirment les travaux d l'Observatoire des Inégalités qui rappelle que le salaire minimum des 10% des femmes les mieux rémunérées est de 3036 euros, contre 3892 euros pour les hommes, soit 856 euros de différence. ON CROIT REVER Monsieur le Président ancien ministre de l'économie !
Mais ce qui est encore plus inquiétant c'est que le spectre des inégalités est beaucoup plus large que la question centrale des revenus et du patrimoine.

Il englobe aussi la réussite scolaire et la santé.Dans le milieu éducatif, les chances de réussite dépendent largement du statut des parents : 90% des enfants d'enseignants obtiennent le baccalauréat contre 40% des enfants d'ouvriers spécialisés.Pour la filière scientifique, la différence est encore plus importante : 40% des enfants d'enseignants sont titulaires d'un Bac S contre 4,6% des enfants d'ouvriers non qualifiés. Enfin, concernant la santé&, un ouvrier vit 6 années de moins qu'un cadre, et un ouvrier de 35 ans a 13% de risque de mourir avant 60 ans contre 6% pour un cadre.
En fait, ce qu'on appelait la "moyennisation de la société" - soit "l'homogénéisation des modes et des niveaux de vie" - a largement vécu en France. La déréglementation de l'économie, survenue ces trente dernières années a permis à 1% de la population de voir ses revenus progresser beaucoup plus rapidement que ceux des 99% restants.

Les classes populaires subissent aujourd'hui largement les coûts d'ajustement des restructurations industrielles, la modération salariale, le chômage de masse et la concurrence avec les salariés des pays émergeants quand la rémunération moyenne des dirigeants du CAC 40 représentent 150 fois celle de leurs salariés et 213 fois le SMIC en 2015.

Franchement, Monsieur le Président comment peut-on aujourd'hui parler encore "d'une volonté d'égalité " qui serait trop forte alors que la France n'arrive qu'en 18 position des pays les plus égalitaires de l'OCDE ?

Comment peut-on parler d' "égalitarisme jaloux" quand chacun(e) ne peut au quotidien que constater l'augmentation des inégalités ?

Au contraire, il faut ouvrir d'énormes chantiers de lutte contre les inégalités et avoir en tête quelques principes simples.

L'égalités des chances si elle est nécessaire, elle n'est pas suffisante pour réduire les inégalités de résultat.
Pour une société plus équitable, il faut donc jouer sur les deux leviers.Hélas, selon l'ancien ministre de l'économie que vous êtes Monsieur le Président, les "impératifs du réel interdisent de porter le rêve d'égalité"

Autorisez moi donc à me poser une question essentielle :
Alors que votre pensée est vue par nombre de personne comme étant audacieuse, n'est-elle pas en réalité sous-tendue par une sorte de soumission à l'ordre et aux désordres du monde. L'initiative politique étant subordonnée à la mondialisation comme aux critères européens et à la contrainte des fiances publiques.

EN SOMME, RIEN DE BIEN NOUVEAU ;

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